Un reccueil de textes écrits par des écrivains pour nous décrire leur rapport aux livres, libraires et librairies. Sympathique à lire, ici et là.

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Lire, vivre et rêver

et mon rapport aux livres et libraires ? (attention, longue prose !)

Les livres : j'ai appris à lire au CP avec Daniel et Valérie, c'était un livre en couleurs... mais en alternance avec des pages en marron et orange, je détestais ces couleurs et j'avais toujours hâte de passer à la leçon suivante quand nous travaillions ces pages. En CE1, j'étais dans un cours double où nous n'étions que 6 CE1 avec des CE2, lorsque nous avions terminé notre travail, nous pouvions prendre des livres dans la bibliothèque, j'ai dévoré Oui-Oui, puis Fantômette (mes premiers polars !!) et le Club des Cinq... Ensuite, je ne me souviens plus précisément, mais j'aimais autant mes Tintin que mes Bibliothèque Rose, il n'y avait pas de vraie librairie dans le village, mais une boutique qui vendait de la papeterie, peut-être du tabac, des livres, quelques revues... Parfois, j'y achetais des livres, assez rarement, je devais aussi emprunter des livres à la bibliothèque, mais c'est assez flou. Par contre, j'étais abonnée à Astrapi et je le dévorais au moins 10 fois pendant la quinzaine de sa parution, j'avais aussi accès à d'autres revues comme Fripounet, chez ma tante épicière qui vendait quelques revues...

Au collège, je me souviens des lectures obligatoires (Niourk m'a marquée en 6ème, j'ai aimé découvrir les aventures de Delphine et Marinette, le théâtre...), mais en dehors, à part Okapi, je ne pense pas avoir beaucoup lu pour le plaisir. J'ai été marquée par L'herbe bleue en fin de collège où j'ai également fait la connaissance d'Agatha Christie grâce à une camarade, j'en ai dévoré plusieurs (polars, quand tu nous tiens...)

Au lycée, j'ai lu pour le plaisir La bicyclette bleue, j'ai détesté L'étranger de Camus (lecture obligatoire), j'ai zappé La Peste pour le coup, j'ai dévoré la saga des Rougon-Macquart, je me souviens d'un super dossier que j'avais fait et que mon prof de français de ma première Seconde avait perdu avec tous les autres pendant son déménagement (qu'il a dit, à vrai dire, je ne l'ai jamais cru et je n'ai pas osé lui en parler l'an passé, c'était le prof de français de Mademoiselle...). Nous avons eu ensuite un prof de français vraiment génial (ma deuxième Seconde et ma Première) digne du Cercle des poètes disparus, il donnait vie aux textes, il avait de l'humour. Une anecdote au hasard, alors que nous allions étudier Phèdre et qu'il l'écrivait au tableau, malicieusement, je lis "Fred", il se retourne avec autant de malice et répond, du tac au tac "ceux qui disent Fred n'ont qu'à s'taire", rires... Et rien que pour le plaisir, j'ai choisi l'option Français en Terminale, c'est là que j'ai fait la connaissance réelle de Sartre et Gide que j'ai beaucoup appréciés alors (je ne sais pas si je les lirais avec autant de plaisir à présent ?), puis j'ai découvert Yves Simon en commençant la Fac et j'ai aussi beaucoup lu les sociologues, j'ai trouvé cela passionnant, autant que des romans !  J'ai fréquenté les livres d'Orsenna, Daniel Pennac, Stephen King...

Les libraires que je fréquentais alors étaient ceux qui se trouvaient dans le hall de la fac pour les livres de cours, et les petites librairies du centre de Nantes pour le reste, plus... un bouquiniste (qui était le vendeur de la fac) qui avait une boutique à Pornic et chez qui nous nous arrêtions systématiquement le dimanche si nous nous baladions dans le coin, il avait ensuite déménagé à Saint Brévin, à l'Océan...  J'étais également inscrite à la grande médiathèque de Nantes où je passais très régulièrement...

En faisant mes études pour devenir Professeur des écoles, j'ai fait la connaissance des grands auteurs jeunesses Roal Dahl et compagnie et j'ai dévoré toute une série de romans jeunesse (pour le primaire) et des tas d'albums... Nous nous sommes mariés, installés ici, immédiatement, je me suis inscrite à la bibliothèque la plus proche, mais en peu pauvre en bons ouvrages... Puis je suis devenue Maman (j'ai inscrit nos fils à la bibliothèque à leurs 3 mois), il n'y avait pas de réelle librairie à proximité, ici, alors j'allais à Saint Nazaire et je me suis mise à fréquenter régulièrement une librairie indépendante, rue de la paix, tenue par un couple, j'y ai acheté de nombreux albums pour les enfants, je ne lisais presque plus pour moi, alors que j'étais en congé parental, moins d'un livre par mois... Je me suis rendue dans cette librairie jusqu'à leur fermeture, remplacée ensuite par un salon de coiffure (beaucoup moins mon truc...)... J'ai aussi commencé à fréquenter une seconde bibliothèque locale, afin d'avoir de quoi nourrir l'appétit de nos enfants, je lisais une histoire chaque soir, nos fils n'ont jamais réclamé de relire une même histoire, ils avaient soif de nouveautés, nos filles ont eu un peu plus envie de redite, mais pas tant que cela. Imaginez le nombre d'histoires que j'ai pu leur lire !

De la même façon, ce n'est pas parce qu'ils avaient appris à lire que je les ai lâchés, au contraire, nous avons poursuivi nos rituels d'histoire du soir jusqu'à au moins 10 ans passés. Bien sûr, il s'agissait alors de romans, soit lus en entier (Les orphelins Baudelaires pour nos fils), soit je commençais pour donner envie de la suite (comme Matilda pour Mademoiselle)

Et ce n'est que lorsque j'ai vraiment repris le travail à la suite de mes congés parentaux, en septembre 2005, que je me suis mise à lire de façon systématique et continue, j'avais moins de temps pourtant, mais j'ai fait la connaissance de Harry Potter à la suite de nos fils, j'ai dévoré les 7 tomes en 2 ou 3 mois, en volant du temps ici et là... puis j'ai conservé l'habitude d'avoir toujours un livre en cours et de lire 5 mn ici et 10 mn là. Je n'avais plus de bonne librairie de proximité, alors j'achetais mes livres un peu partout, autant en ville si j'y passais, que sur le net. Oui, j'avoue que j'ai beaucoup commandé chez le géant américain pendant quelques années... Puis j'ai ré-appris à faire l'effort de me déplacer, d'attendre, de privilégier le petit commerce et enfin, depuis quelques années, une vraie librairie de proximité a ouvert à Saint Brévin, La Case des Pins, pratique pour moi ♥ Et là... je m'y rends toutes les semaines, ou presque et il est rare que je ressorte les mains vides, que ce soit pour l'école, pour offrir, ou pour nous... Cet été, j'ai inscrit la dernière à la médiathèque de Saint Brévin pour lui trouver de quoi lire pendant les vacances, elle avait épuisé le fond des deux bibliothèques que nous fréquentons toujours... Je m'y rends également toutes les semaines ou presque... 
Et vous ? 

Et pour compléte ce billet, édition du 11 septembre, voici un blog à découvrir sur la vie d'un libraire, très drôle !

 

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