Voici un gros pavé (1300 pages) qui attendait éternellement en bas de PAL (Pile A Lire) depuis 2 ans, début février, je me suis enfin décidée à le remonter au-dessus et le lire, à mon tour "comme tout le monde" (enfin de ombreux lecteurs avant moi quoi...)

Comme vous pouvez le calculer, cela a pris un peu de temps... Je sais, c'est en quelque sorte le tome 2 des Piliers de la Terre que je n'ai pas encore lu. Peu importe, cela se passe 200 ans plus tard, mêmes lieux, mais autres personnages, c'est un peu comme pour Star Wars, après tout; lire dans le désordre n'est pas aussi gênant que pour d'autres ouvrages. Bref, j'ai pris bien du plaisir à parcourir ce monument, même si j'y ai trouvé des longueurs. J'ai donc lu quelques pages en diagonales, [et parfois aussi les scènes de torture, j'avais lu scrupuleusement Surveiller et Punir à l'époque de mes études en sociologie, c'est bon, j'avais fait ma moisson d'images choquantes pour toute une vie, et je suis fermement convaincue de la nécessité de l'éducation, la prévention et la bienveillance et de l'inutilité de la torture, la peine de mort et le rabaissement (et depuis aussi, je suis incapable de désosser un poulet sans penser au massacre de Damien... d'ailleurs... c'est Le Prince qui s'y colle normalement), donc, il arrive que je survole, de la même façon que je fermerais les yeux au cinéma, j'ai compris la démo, pas besoin de piqûre de rappel...].

Voilà donc une épopée qui se déroule au cours du 14ème siècle, en Angleterre, dans une ville imaginaire, Kingsbridge qui emprunte ses caractéristiques à plusieurs lieux de l'époque. Un livre qui est en même temps brûlant d'actualité en ce qui concerne le sort réservé aux femmes, la force des puissants qui ne voient pas où est le mal qu'ils font pour servir leurs propres intérêts, de certains membres du Clergé qui arrivent à lire dans la Bible des messages qui n'ont pas été émis dans tel sens, et donc attribué à Dieu ce qui n'est pas de son ressort (non, il ne joue pas aux Playmobil avec nous) et l'oublier bien facilement si cela ne convient pas à leur façon de voir les choses... bien des choses n'ont pas changé depuis cette époque et c'est navrant de ce point de vue, mais il y a aussi beaucoup de force, d'espoir, de bataille pour qu'enfin la Justice fasse son oeuvre... pas toujours en choisissant la voie la plus noble, mais ainsi va le monde... J'ai vraiment apprécié accompagner Carris et Merthin tout au long de leur vie, depuis leurs 10 ans jusqu'à la maturité... Une bourgade prospère parfois entravée par de mauvais choix, mais aussi la Peste et toute la vie qui y règne...

Comme plusieurs personnes m'ont dit avoir préféré Les Piliers de la terre, je pense que j'ai bien fait de commencer par celui-ci pour prendre plus de plaisir ensuite avec l'autre, je suis certaine que vous me confirmerez.

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Ken Follett, Un monde sans fin.