Des lectures suggérées par des membres d'un groupe de lecture dont je fais partie.

Les soeur Andreas sont trois, elles ont autour de la trentaine et apprennent que leur mère a un cancer du sein. C'est l'occasion pour elles de retourner vivre avec leurs parents, d'autant plus que chacune estime avoir raté sa vie, à sa façon... Rose/Rosalind, l'aînée, si sérieuse, conformiste qui tient le monde sur ses épaules et pense qu'il va s'écrouler en son absence, Bean/Bianca, la cadette qui revient déchue et déçue de New York, ville qu'elle a tant rêvée, admirée, aimée, mais qui, finalement, ne le lui a pas rendu, et puis... elle s'est rendue coupable d'un forfait à effacer... Et enfin, Cordy/Cordelia, qui après avoir fait La Route façon Jack Kerouac, revient au bercail pas tout à fait seule... Le roman est écrit "par les trois soeurs" et nous les voyons évoluer dans leurs pensées, leurs actions, au fil de cet été si lourd dans l'Ohio, auprès de leur mère malade et de leur père qui ne s'exprime presque qu'en vers de Shakespeare. Car la grande particularité de cette famille est de vivre autour de Shakespeare dont le père est un éminent spécialiste, il est d'ailleur professeur à l'université, prestigieuse, locale (visiblement imaginaire), c'est pourquoi ses filles portent les noms des héroïnes des oeuvres du dramaturge. Les livres font également partie du décor de la famille, ils sont ouverts, partout, dans toute la maison (on se croirait un peu chez nous...) et chacun des membres a automatiquement un livre dans son sac, sa main, pour occuper un trajet en voiture, une attente (ah, ah, cela me parle !). Ces livres sont à la fois un lien entre les membres, mais aussi des refuges qui les coupent parfois du reste de la famille, du monde... Les soeurs vont-elles réussir à s'entendre ? à évoluer, à changer ? C'est une très belle histoire que je recommande à mon tour si vous avez l'occasion de le trouver.

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Eleanor Brown, Les soeurs Andreas

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La reine des lectrices n'est rien de moins que la reine Elizabeth qui n'avait  jamais vraiment  lu de livre avant que le hasard (elle poursuivait ses chiens) la fasse entrer dans le bibliobus local et qu'elle se laisse initier par Norman qui est à la plonge, dans les cuisines du palais. Rien ne va plus alors au Royaume, est-il concevable que la reine puisse perdre autant de temps à lire et ainsi négliger le protocole ? Elle s'intéresse alors beaucoup moins à ses obligations, et son entourage s'inquiète, car il semble inconvenant, pour la famille royale, d'avoir un avis notamment sur les livres, au risque de froisser le peuple qui, au mieux, n'a pas les mêmes préférences, au pire, ne lit rien d'autre que les tabloïds. C'est un portrait assez caustique du Royaume Unis qui nous est donné à voir, mais pour bien apprécier, je pense qu'il faudrait vraiment savoir ce qui est réaliste ou non dans ce roman. Du coup, je ne saurais trop vous dire ce que j'en ai pensé, j'ai passé un moment agréable, c'est amusant de voir la reine découvrir des auteurs et dans le même temps, devenir plus humaine, mais l'auteur semble également très caustique vis à vis de ses concitoyens, on sent qu'il y a un humour grinçant, mais qui exige certaines connaissances des affaires du Royaume pour en prendre toute la mesure.  C'est une courte lecture.

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Alan Bennett, La reine des lectrices.