J'étais sur la liste d'attente de la bibliothèque depuis... le début de l'été ? Et c'est donc à la toute fin de l'été que j'ai lu cet ouvrage (mais j'étais la dernière de la liste, Mademoiselle va donc pouvoir en profiter après moi, rien ne presse pour le rendre, vérification faite mercredi).

Autant vous prévenir tout de suite, si un film comme Mais qui a tué Pamela Rose ? ne vous fait absolument pas rire, je doute que vous puissiez apprécier ce roman, vous pouvez passer à autre chose, bon week-end  et à demain ♥

Au contraire, si comme moi, vous êtes un excellent public pour cet humour plutôt absurde, il y a des chances pour que vous y preniez autant de plaisir que moi à la lecture de cet ouvrage. Je me demandais si après Le Fakir et La petite fille, j'allais autant apprécier. Je craignais un éventuel essoufflement (de ma part, ou de celui de l'auteur), et bien, pas du tout, c'est toujours aussi drôle ! C'est donc loufoque, absurbe, déjanté, poilant !

Agatha Crispies (ah oui, je vous avais prévenus) est une policière qui a été mutée à New York... Colorado (alors, ne cherchez pas sur la carte, c'est une pure invention), un petit village en cul-de-sac de 150 âmes, 198 ronds-points (c'est volontaire), 1 feu rouge, aucun réseau internet ni gsm et une équipe de policiers tellement désoeuvrée (et oui, il ne se passe strictement jamais rien, à part la disparition régulièrede Jean-Paul II... le chat de Madame Jennings, que les policiers lui remplacent par ce qu'ils ont sous la main, de toutes façons, elle n'y voit que du feu...) qu'on trouve dans leurs bureaux un club de tricot, un autre de fléchettes et celui d'Agatha : le cercle des lecteurs. Mais, pour une fois, un meurtre a eu lieu (enfin, Agatha n'écarte pas la thèse du suicide, même si la victime a été retrouvée percée de 150 coups d'aiguille à tricoter dans son bain) et notre policière compte bien se servir de l'opportunité de résoudre cette enquête pour retourner à New-York (de la côte Est) après 5 années passées, malgré elle, au fin fond du Colarado...

On ne lit pas ce roman pour son intrigue policière, mais pour la cocasserie des situations, avec une Agatha, dévoreuse de donuts, extrêmement premier degré qui a des méthodes d'investigation assez particulières (par association d'idées à la ♫trois p'tits chats♫) et férue de littérature. Et comme dans ses précédents romans, tout cet humour permet aussi d'aborder des thèmes plus graves comme le racisme (parfaitement assumé, sans aucun complexe dans cette petite ville), mais aussi la littérature (réellement, Agatha a un don pour parler des livres, donner envie ! sérieusement, bravo Romain ! Il tient là un discours sur les livres tout à fait complémentaire à celui de Daniel Pennac dans Comme un roman, avec des anecdotes très instructives). Bref, voilà de quoi passer un excellent moment, loin de Facebook, en évitant peut-être de se goinfrer d'autant de donuts au chocolat que notre héroïne ? 

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Tout un été sans facebook, Romain Puértolas.