Prêté par mon ex-binôme cet été, ce n'est que dernièrement que j'ai pris le temps de le lire. C'est un roman jeunesse tout à fait lisible par les adultes et d'ailleurs, je le recommande chaudement malgré quelques écueils !

Macha a 107 ans, elle a connu le monde la Fin (l'actuel nôtre), mais l'a un peu oublié depuis que La Douceur s'est installée. Seulement, les plus jeunes ont envie de savoir, ils se font cueilleurs d'Histoires et voici comment Macha se retrouve à raconter comment elle a vécu les derniers moments de La Fin. C'est un roman à la fois : facile à lire et puissant, court, angoissant et plein d'espoir. Dans le monde de la Fin, cela ressemble à notre société actuelle, mais plus chaotique, égoïste, les extrémistes sont sur le point de prendre le pouvoir en France (tous les sondages sont en leur faveur), les Zadistes s'organisent, et Macha nous raconte alors ses dernières semaines entre sa prison dorée à N. (Nantes, même si les noms des rues, lieux sont fantaisistes, exprès, on reconnait clairement) et son arrivée dans une ZAD normande. C'est un roman d'anticpation et pour ce faire, l'auteur a volontairement grossi tous les traits. La famille (semi adoptive) de Macha fait partie de la grande bourgeoisie et en a tous les traits les plus sombres (cela me rappelle Bussi dans Un avion sans elle où les riches sont nécessairement méchants et les pauvres gentils), les zadistes sont tous des écolos pacifistes... mais il a le mérite, en forçant sur les doses, de nous faire réfléchir à notre monde actuel, et celui que nous voulons laisser à nos enfants. Il manque, cependant, une explication sur le passage de la Fin à a Douceur, on aurait aimé avoir la clé, même si je suis persuadée que la réponse à la haine, n'est pas la haine, serons-nous un jour assez nombreux pour que la violence prenne fin ?

En classe, au collège ou au lycée, il me semble que ce livre serait une bonne source de discussion, décortiquer les peurs des uns, les espoirs des autres, que peut-on faire à notre niveau ? Je fais partie de ces citoyens convaincus que TOUS nos gestes ont des impacts. Certes, il n'est pas facile (voire impossible) d'être parfait, nous avons tous nos faiblesses, mais si chacun y met du sien, un monde meilleur est possible et pour cela, il faut commencer par s'y mettre SOI en arrêtant de toujours accuser le voisin de ne pas faire d'effort, c'est par l'exemple que l'on peut faire bouger les choses, pas par le mépris...

Bref, ce roman a le mérite de faire réfléchir et pour cela, il vaut le coup d'être lu.

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Macha ou l'évasion, Jérôme Leroy.

Et ses réponses de l'auteur sur le blog de Syros, à lire >>>