Une fois que l'on a commencé la lecture, il est difficile de l'arrêter...

Avant de le lire moi-même, je l'ai passé à ma belle-sœur, sage-femme, pour avoir son point de vue "médical", elle a été captivée elle aussi, et m'a rassurée sur les aspects réalistes de tout ce qui touchait au médical.

L'histoire est celle de Sasha qui vient d'accoucher en avance, en urgence, par césarienne et qui ne reconnaît pas son bébé en voyant celui qu'on lui présente comme son fils, alors qu'elle attendait une fille... Commence alors son combat pour faire reconnaître cette erreur... Un parcours semé d'embûches, car il est plus facile, pour les médecins, les infirmières, de croire que cette femme fait une dépression post-partum plutôt qu'elle puisse dire la vérité, sans preuves... D'autant qu'au fil de l'histoire, on fait des retours en arrière sur son passé, sur celui de Mark, son mari, des éléments qui pourraient peser dans la balance contre elle, mais de son côté, elle est capable d'analyses poussées sur son propre comportement, sur ce qu'elle ressent, elle est médecin légiste et semble bien être totalement lucide... Plus on s'approche de la fin du roman, plus les rebondissements se multiplient de sorte que l'on ne s'attend pas du tout au dénouement, d'autant que l'auteur a bien pris soin de nous instillé le doute à chaque nouvelle révélation ou événement.
Le roman aborde donc le sujet de l'échange de bébés, mais aussi, le parcours de combattant des parents ayant de grandes difficultés à concevoir, la perte d'une mère, le couple... Tous ces sujets sont traités avec beaucoup de justesse.
L'écriture est simple, mais efficace.

Peut-être à éviter si l'on est une future maman angoissée ?

 

erreur

L'erreur de Susi Fox

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Alors que je cherchais un autre titre de l'auteur à la bibliothèque, je suis tombée sur celui-ci qui me permettait de faire sa connaissance et c'est avec un grand plaisir que j'ai lu cette histoire, à part quelques pages que j'ai survolées très rapidement, je vous explique pourquoi plus loin...

Rinco rentre chez elle, mais elle trouve l'appartement, qu'elle partageait avec son petit ami, entièrement vidé, elle n'a que ce qu'elle portait sur elle, et la jarre de saumure soigneusement caché à côté du compteur pour le gaz... Alors, 10 ans après avoir quitté sa mère et son village natal, sans se poser plus de questions, elle fait le chemin inverse. Difficile de renouer avec celle qui ne semble pas l'avoir aimé puisqu'elle l'a confié à sa propre mère, aujourd'hui disparue, mais elle consent à lui confier le logement attenant au sien pour le transformer en restaurant puisque la passion de Rinco, grâce à sa grand-mère, est devenu la cuisine, à la condition de prendre soin du compagnon de cette mère : un cochon gâté... Elle accepte et décide d'en faire un lieu unique qui ne servira qu'un repas par jour, pour 1 ou pour 12... C'est une histoire à la fois légère (tout arrive un peu "facilement", mais c'est pour la bonne cause) et grave. Une histoire sur l'amour filial, sur les erreurs d'interprétation de ce que l'on ressent de l'autre, une histoire d'amour de la cuisine avec cette tradition japonaises qui consiste à faire preuve de beaucoup d'égard vis à vis de ce que l'on mange (comme des prières que l'on adresse aux aliments), qu'il s'agisse de végétaux ou de viande. C'est un voyage initiatique au pays des mets japonais, c'est une ode au locavore, au plaisir des vrais saveurs, du temps retrouvé, de la nature au fil des saisons... Et les pages que j'ai dû survolées concerne la fin de la vie du cochon, je ne vous en dirai pas plus pour ne pas tout dévoiler, mais il est sûr que ces pages heurteront grandement la sensibilité des "vegan"... Une histoire qui donne envie de me rendre au Japon avec un gourmet qui saurait me faire retrouver ces saveurs et apprendre à les apprécier... On peut rêver ? 

Ogawa

Le restaurant de l'amour retrouvé de Ito Ogawa.