Ouvrage prêté par mon ex-binôme.

Afghanistan 2017 et 1917, deux destins à la fois différents, mais qui se rejoignent... D'un côté l'arrière arrière grand-mère qui a réussi, malgré tout, à changer son destin donnant, via son histoire raconté de la bouche de la tante de sa petite-petite fille, l'envie d'en faire autant...

Qu'il est difficile d'être une fille, dans un village de ce pays oriental où, quelque soit l'époque finalement, ne sont considérées que bonnes à faire des enfants (à condition qu'il y ait au moins un fils) et s'occuper de la maison. Les occasions de sortir de la maison sont quasiment nulles et toujours très strictement encadrées... Mais il existe une "solution" pour être plus libre : devenir une Basha Posh. Seulement, cette tradition ne se vit qu'à certaines conditions, selon certaines contraintes : parce que des parents de filles ont "besoin" d'avoir un garçon sur qui compter pour remplir certaines tâches interdites aux filles comme aller seules au marché, alors jusqu'à la puberté, une fille peut "devenir" un garçon et par la même occasion aller à l'école. Oh certes, certaines filles peuvent aller à l'école, entre filles, à condition qu'on n'ait pas trop "besoin" d'elles à la maison, donc de ne pas être trop pauvre... A l'époque de l'aïlleule, c'est presque adulte qu'elle est devenue Basha Posh pour devenir garde de harem, les rois n'aimant pas prendre des risques avec des gardiens masculins... Toutes ces pratiques nous semblent tellement incompréhensibles, liberticides, méprisantes envers les femmes, que nous oublions sans doute un peu trop vite que "chez nous", longtemps s'est posé la question de la présence de leur cerveau. Mais nous pouvons nous estimer fort chanceuses, même s'il reste encore bien du chemin à parcourir concernant les mentalités, de la part des hommes ET des femmes (Quand entrera-t-on enfin au 21ème siècle et cessera-t-on de considérer par exemple que les jouets sont sexués !!!). Il ne faut pas oublier non plus qu'en Afghanistan, bien des personnes sont nettement plus progressistes et que tout dépend aussi où l'on habite, mais la pression de la société reste encore très forte, même pour les hommes et les règles sont encore très strictes, bien que certaines soient plus le fait de traditions que de textes écrits avec une valeur juridique... On peut le voir à travers cet ouvrage où des femmes accèdent au Parlement, obligation occidentale, mais le plus souvent, plus ou moins manipulées par leurs maris, que celles qui voudraient affirmer leur voix risquent leur vie, quel courage, mais il en faut pour faire avancer les choses, changer les mentalités. 

Les deux histoires sont racontées en parallèle, au fil des visites de la tante. 

C'est un texte vraiment fort, à lire, oui, même si on n'en a pas envie, même si on est déjà au courant de tout ça, il est important de ne pas oublier que tous les êtres humains sont loin d'être égaux

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Nadia Hashimi, La Perle et la Coquille