Ceci est tout sauf une lecture légère faite pour la plage.

Le Quatrième mur parle de théâtre, mais surtout, il parle de cette guerre du Liban dans les années 80 qui nous a laissé ces souvenirs d'images de désolation. Le narrateur, George, est metteur en scène, il a fait la promesse à son ami Sam de l'aider à monter Antigone au coeur de la tourmente de Beyrouth, voler deux heures à la guerre en réunissant des acteurs de tous bords. Sam a réussi à trouver des acteurs prêts pour cette aventure, à  Georges de poursuivre... Mais Georges est quelqu'un de très vindicatif, le genre de personne qui permet que la guerre existe puisqu'il n'hésite pas à passer à tabac ceux qu'il juge mauvais, mais... si on ne peut lui donner tort quant à son jugement, personnellement, et Sam est de ceux là, je fais partie des gens qui estiment que la violence ne résout rien. Seulement Georges est en colère, il est capable d'aimer, sa femme, leur fille, mais il a aussi un besoin viscéral d'agir, de prendre part, et la guerre devient comme une drogue, non qu'il aime la violence, mais il va devenir incapable de vivre dans un monde en paix car malheureusement, c'est ce qui arrive parfois à ceux qui se sont retrouvés au coeur d'un conflit. Le roman fait également un parallèle avec l'histoire d'Antigone, et d'ailleurs chacun des acteurs, de par sa sensibilité propre, de son appartenance, va s'accaparer de son rôle en lui donnant une justification en rapport à ce qu'il est en tant qu'être humain. C'est un livre dur, j'avoue avoir survolé certains passages, plutôt pessimiste à mon sens, mais beau en même temps, beau ce rêve de trêve, beaux ces personnages capables pourtant d'être si laids dans leurs actes au nom de la défense de leurs idées, de leur terre... Sorj Chalandon a été journaliste couvrant la guerre, il en est resté marqué et nous transmet quelque chose de lui dans ce livre...

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Le quatrième mur, Sorj Chalandon