Pendant que Fils2 travaille sur l'anatomie tout court, je me suis plongée dans ce roman où il est question d'une autre anatomie...

J'ai souhaité lire rapidement ce roman dans la foulée de Sans l'ombre d'un témoin car il lui est complémentaire. Dans ce tome, Linley et Havers sont pratiquement absents car Elizabeth George s'est attachée à suivre la vie de trois enfants dont l'un jouera un rôle important dans le crime qui a eu lieu vers la fin de Sans l'ombre d'un témoin. Ces enfants, orphelins de père assassiné en pleine rue sous l'oeil de ses enfants, que leur mère vivant en hopital psychiatrique ne peut élever, ont été confiés à leur grand-mère qui choisi la fuite vers son pays d'origine et les dépose alors chez leur tante, femme célibataire qui vit à proximité d'un quartier difficile de Londres. Continue alors pour eux l'engrenage des mauvaises fréquentations, du manque de parents. C'est un roman noir, dur, pas vraiment une enquête policière puisque l'on suit celui qui sera accusé de meurtre à la fin, mais plutôt l'historique des enchaînements qui ont mené à ce drame. Bien sûr, l'issue est ici extrême, mais l'auteure s'est attachée à décrire le quotidien de ces quartiers défavorisés où il faut plus que de la simple volonté pour en sortir. Il y a cependant aussi beaucoup d'humain dans ce livre, il y a ces personnes des services sociaux officiels ou non qui s'acharnent à faire en sorte que ces enfants ne suivent pas le destin qui semble tracé pour eux, leur tante qui, bien que réellement dépassée par les événements, cherche des solutions, des lueurs d'espoir ici et là, malgré toute la noirceur... Un très bon roman, pas vraiment un polars...

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Anatomie d'un crime, Elizabeth George.