Je pense ne pas avoir relu Jean Rouaud depuis son prix Goncourt, Les champs d'honneur, que j'avais bien apprécié, le fait d'être née dans le même département a pu jouer... J'en ai de vagues souvenirs, dont la façon dont sa grand-père conduisait sans jamais passer les vitesses...

Kiosque, c'est la vie de l'auteur de 1983 à 1990 où il a passé une partie de ses journées dans un de ces kiosques à journaux parisiens, rue de Flandre, ces kiosques qui font partie du paysage urbain et ont un vrai charme, mais qui n'ont rien de confortable pour ceux qui les tiennent (et quand on ne vit Paris qu'en touriste, on ne pense pas à ce genre de détail... il peut y faire beaucoup trop froid, trop chaud, il n'y a pas de commodités...). En tenant ce kiosque avec le responsable, un anarchiste qui était déjà un personnage en soi, Jean rencontre le Monde, venus de tous horizons, avec ses chagrins, ses peines, ses idées, ses habitudes, ses secrets, et il nous raconte, pèle-mêle, mais avec une belle écriture, toutes ces années, cette galerie de portraits croisés par le biais de ce kiosque. C'est parfois un peu fouilli, mais je crois que c'est volontaire, l'auteur se penchant pendant plusieurs pages sur ses souhaits d'écrivain d'alors,il en ressort une belle impression générale. C'est aussi un retour dans les années 80, et des réflexions très intéressantes sur différents événements qui ont marqué le siècle à travers les différents acheteurs et leurs histoires. Il refait même un saut dans son village natal, à Campbon, "de l'autre côté de l'eau" pour moi. Il fait part d'anecdotes qui ont fait totalement écho pour nous, Le Prince et moi, car tous les deux, nous avons bénéficié de lectures gratuites à l'époque où les invendus ne repartaient que sous la forme de la couverture arrachée (pour Le Prince qui s'est gavé ainsi de Mickey et compagnie grâce à une grand tante qui tenait un bar-tabac) voire d'un coin découpé (pour ma part, des revues chrétiennes Fleurus, que ma chère tante aînée vendait dans son épicerie-mercerie), preuves qui interdisaient toute vente ensuite. J'ai quelques années de moins que Jean Rouaud (qui est plutôt de l'âge de Maman), mais des souvenirs en commun, même si personnellement, je n'ai jamais vécu en Loire-Inférieure, mais uniquement en Loire-Atlantique...

Bref, un ouvrage un peu atypique que j'ai bien apprécié.

Kiosque

Kiosque, Jean Rouaud