Il y a de cela 4 ans, sur les conseils de mon amie Geneviève, je commençais la collection des Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire. Je lisais alors ces romans jeunesse à haute voix à mes fils, le soir, pour conserver la vieille habitude que nous avions prise de lire avant le coucher... Ils avaient passé l'âge des albums illustrés et nous avions encore l'envie commune de passer ensemble ce temps particulier...
Donc nous avons suivi les aventures de ces orphelins tout au long des 9 ou 10 premiers tomes (au fur et à mesure de leur sortie en version poche), et pour la suite, chacun a lu de son côté. Je m'y suis donc remise dernièrement pour avaler les trois derniers tomes aussi rapidement que possible, tellement j'avais hâte de connaître le dénouement...
Alors que dire sans en dire trop ?
Tout d'abord, Lemony Snicket c'est un style, un style qui peut plaire ou déplaire, mais que j'ai apprécié, en sachant que je ne prendrai pas nécessairement plaisir à lire d'autres histoires ainsi écrites. Ce que j'apprécie est le vocabulaire utilisé, très riche et régulièrement expliqué, ce qui pourrait agacer (surtout à la longue), mais peut aussi rendre service à un jeune lecteur, c'est amené d'une façon intéressante, enfin pour ma part j'ai apprécié, ainsi que nos fils. Et puis, j'ai trouvé cela drôle, riche en références de toutes sortes (essentiellement littéraires ceci dit... Ainsi, Monsieur Poe qui s'occupe des affaires des orphelins est papa de deux fils Edgar et Alan...).
Ensuite, les aventures de nos orphelins semblent un peu répétitives au départ, car sur les premiers tomes, la trame reste peu ou prou la même : les orphelins sont confiés à un tuteur qui échoue dans sa tâche...
Heureusement, les événements prennent une autre tournure dans les derniers tomes.
On peut aussi s'agacer de voir tous ces adultes si imperméables à la souffrance des orphelins, si prompts à croirent ce qui est faux sans savoir y déméler le vrai... mais n'est-ce pas parfois ainsi que le monde tourne ? Ne voit-on pas souvent les foules se précipiter sur une nouveauté sans intérêt qui va leur faire perdre du temps et de l'argent et ne pas s'intéresser à l'essentiel ? Ainsi ai-je interprété la prose de ce Lemony Snicket.
L'histoire en elle même est également allambiquée à souhait et fort peu réaliste, mais cela permet aussi de la rendre peu prévisible, c'est pourquoi j'avais tellement hâte de connaître le dénouement.
Les Orphelins ont donc d'abord été accueillis par l'affreux Comte Olaf qui représente ce qu'il y a de plus vil en l'homme, c'est un être malfaisant qui comme malheureusement souvent dans la vraie vie, attire plus de foule qu'il n'en repousse (l'attirance pour les caïds est partout la même...), les orphelins pensent pouvoir échapper à ses griffes, mais d'épisodes en épisodes, de déguisements en déguisement et de faux noms en faux noms, le Comte est toujours à leurs trousses... Au fil des épisodes, les orphelins rencontrent, heureusement, des gens qui leur veulent du bien, mais toujours trop faibles pour faire face au mal et ce jusqu'au bout...
Et la fin ? Ceux qui ont envie de la découvrir par eux même ne doivent pas lire la suite... (sous la photo)
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Etrange sensation... car, c'est une fin très ouverte... Nous quittons les orphelins à la mort du Comte Olaf (ouf, un grand méchant de moins) et l'auteur nous laisse imaginer tout ce qui peut leur arriver ensuite. La porte est grande ouverte sur des possibilités tout à fait positives (ou non). Les enfants pourraient retrouver cet étrange point d'interrogation qui sillone le fond de l'océan et y retrouver leurs amis et pourquoi pas leurs parents finalement sains et saufs, comme ils pourraient tout simplement, ne pas trouver ces personnes avalées par cet étrange embarcation sous marine et poursuivre leur vie sans plus d'aventures désatreuses. Mais on pourrait également imaginer que leurs ennuis ne cesseront de se poursuivre, puisque le bien et le mal cohabitent sur cette terre quoiqu'il arrive... Si vous me connaissez bien, vous saurez quelle option j'ai choisie...
Il ne doit pas être aisé de clore ainsi un ensemble d'épisodes, certains ont reproché à J.K Rowling d'avoir bâclé celle de Harry Potter, trop "fin heureuse", et si Lemony Snicket avait également choisi cette option ("ils retrouvèrent leurs parents et vécurent heureux"), cela lui aurait été sûrement repproché également, surtout après autant de désatreuses aventures, alors qu'à maintes reprises il nous a mis en garde de préférer les merveilleuses aventures des petits poneys... Donc, pour ma part, je ne suis pas déçue par la fin, il manque sans doute de réponses, mais la vie n'est-elle pas un fourmillement de questions sans réponses ? Peut-être faudrait-il relire les ouvrages ainsi que l'ouvrage hors collection (L'autobiographie non autorisée de l'auteur des Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, que nos fils avaient reçu en cadeau...) pour mieux comprendre ?  Je ne saurai dire...
Tout ceci pour conclure, que globalement j'ai plutôt apprécié la lecture de ces Aventures qui s'adressent donc à un public à partir de 11 ans, mais qu'il est possible d'aborder dès 9/10 ans pour un bon lecteur.