Isabelle Carré est une actrice que j'apprécie, elle me semble simple, légère, un peu fragile aussi, j'aime son jeu, sa fraîcheur, son sourire... et voici qu'elle écrit son autobiographie sous forme d'un roman et je découvre vraiment ce qu'elle a vécu plus jeune et quel vécu ! Elle parle de son enfance dans les années 70, puis de son adolescence, ses parents, une mère qui avait du mal à vivre, un père qui s'est découvert homosexuel. Elle fait des allers et retours entre les périodes, avec des petites touches de maintenant également... Il y a une belle simplicité dans son écriture et un plaisir à l'accompagner dans ce récit où elle nous fait part de ses rêves, de ceux de ses parents. Une vie qui n'a rien eu de simple, mais elle sait la décrire sans mélodrame, sans pathos avec beaucoup de justesse et c'est cette vie là qui l'a menée vers le théâtre et le cinéma, pour notre plus grand plaisir... A la suite de cette lecture, j'apprécie encore mieux la personne qu'est Isabelle Carré ♥

Les rêveurs

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 Matin Brun est un ouvrage très court paru en 1998, je viens de le découvrir en discutant avec la bibliothécaire. Il est à ranger dans les nouvelles courtes et efficaces ou plutôt les fables, le message est clair... Dans cette société, posséder un animal qui n'est pas brun est un délit... mais cela ne s'arrête pas là...

N'oublions jamais que l'Histoire est un éternel recommencement et qu'il faut toujours rester vigilant...

«Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait personne pour protester.»

Martin Niemöller (toutes informations intéressantes et utiles à propos de ce texte à la fois très connu et méconnu à retrouver dans le billet de Lucky lire aussi les commentaires)

matin brun

 Matin brun de Franck Pavlov, placé chez les ados dans notre biblothèque, mais à lire par tous, ça ne prend qu'une poignée de minutes...

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Et dans un genre tout à fait différent, le type de livre que j'aime parcourir à l'occasion, pour le plaisir des mots, le dernier Philippe Delerm. Il continue de décortiquer les expressions qui reviennent souvent dans nos bouches ou celles de nos contemporains, mais pas uniquement puisqu'il est aussi allé puiser dans des souvenirs de moments, dans quelques films, des phrases qui l'ont accroché. On n'est pas toujours d'accord avec son ressenti, justement, parce que c'est le sien et que l'on peut aussi voir les choses sous un autre angle, mais c'est toujours savoureux, pour le plaisir des mots... et puis "ils l'avaient à la bibliothèque alors..." (allez-y Philippe, faites moi 30 lignes là-dessus...)

Delerm

Et vous avez eu beau temps ?  Philippe Delerm

à ce propos m'est revenu en mémoire le fait que j'avais mis des mots à la manière de Philippe (et sa Première gorgée de bière) sur le bonheur de l'allaitement, il y 17 ans de cela, je vous recopie-colle ce que j'avais écrit alors :

Voici une petite prose sans prétention que j'ai écrite dans un forum de discussion en janvier 2001...

"Voilà un plaisir minuscule (enfin MAJUSCULE) que Philippe Delerme ne pourra jamais écrire :
Vous êtes là sur le canapé en simili Alcantara, bien calée avec le coussin écru rembourré de balle d'épautre, le même qui avait su vous tenir le ventre durant votre grossesse, bébé contre soi. La tasse pour la tisane est là, sur le buffet à côté, encore chaude, vous venez de boire la dernière gorgée, il y a des petits oursons qui tournent autour. Il fait bon dedans et très froid dehors, mais le soleil est là et c'est encore plus agréable. Les grands sont à l'école, ou chez Mamie ou à la sieste, peu importe, personne autour de vous pour faire du bruit, c'est le principal. Sur la canapé, à côté de vous, un livre dans lequel on vient de glisser un marque page rouge, pour ne pas perdre la page...Et vous regardez bébé qui vient de lâcher le sein, repu, heureux et vous offre ce beau sourire qui veut dire "je suis très bien ici, merci maman pour ces petits moments de bonheur que sont les tétées..." Et vous êtes bien.
Et bien ça Philippe, "y pourra jamais l'écrire !" Pour moi les tétées c'est facile 25-30 mn 5 fois par jour... elle a un énorme besoin de succion"

J'aurais pu écrire de nouveau cette prose 2 ans plus tard, avec notre dernière et en augmentant le nombre de repas et du temps passé...

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Samedi Saint, ce soir, c'est la Vigile Pascale, cette longue célébration qui commence autour d'un feu, sur le parvis (s'il ne pleut pas), nous rappelons la Passion du Christ dans l'attente de sa résurrection :

 

Jardin de Pâques 9